MCE-5 VCRi : repousser les limites de la réduction de consommation de carburant

Il faut changer les usines pour
le fabriquer avec de lourds investissements

Dans toute entreprise, l’investissement est une notion relative. Si un investissement n’est pas rentable, aussi petit soit-il, il ne faut pas le faire. Si un investissement est hautement rentable et est assorti de fortes garanties, peu importe l’effort à consentir pour le faire, pourvu qu’on ait les moyens de le faire. Investir est risqué, mais ne pas investir est également risqué. Aujourd’hui, le principal risque pour l’industrie automobile est de ne pas innover et de ne pas investir dans les solutions à haut rendement énergétique. L’immobilisme coûtera cher aux constructeurs prenant du retard dans ce domaine. Reste cependant à investir dans les bonnes technologies.

Il n’y a pas de différence significative
entre « casser les usine » pour lancer une
nouvelle famille de moteurs classiques
et « casser les usines » pour lancer une
nouvelle famille de moteurs MCE‑5 VCRi

La «validation» poussée du MCE‑5 VCRi permet
d’en lever les risques technologiques,
énergétiques et économiques

S’agissant des investissements liés au MCE‑5 VCRi, plusieurs questions se posent pour le constructeur, au premier plan desquelles : quelle en est la rentabilité ? quel en est le risque ? Ces deux critères sont respectivement liés à la performance et au niveau d’aboutissement de la technologie MCE‑5 VCRi.

La rentabilité du MCE‑5 VCRi peut facilement s’évaluer en partant des valeurs mesurées de réduction de la consommation de carburant et des surcoûts en fabrication identifiés. Le rapport coût/bénéfice qui en résulte permet de situer le MCE‑5 VCRi dans l’espace concurrentiel des technologies appliquées aux moteurs. La rentabilité du MCE‑5 VCRi peut ainsi être comparée avec celle d’autres technologies existantes ou en devenir, le MCE‑5 VCRi pouvant être utilisé en alternative ou en combinaison avec ces technologies.

Le risque technologique lié au MCE‑5 VCRi dépend de son niveau de « validation ». Aucun investissement significatif ne peut être fait avant que cette validation ne soit identique à celle d’un moteur classique. Cette validation est faite en grande partie et sa finalisation est en cours via des essais en endurance réalisés sous différentes conditions.

Le risque économique lié au MCE‑5 VCRi est faible : une dérive haussière de son prix de revient est peu probable vu le niveau de mise au point de son industrialisation. Par ailleurs, les avantages client sont significatifs : dans de nombreux cas, ce dernier paiera moins cher pour consommer moins. Ce dernier point est garant de marges opérationnelles normales voire meilleures.

Les investissements liés à la production en série de la technologie MCE‑5 VCRi pourront être progressifs. Une production d’abord principalement externe pourra ensuite être rapidement internalisée après confirmation de l’efficacité du MCE‑5 VCRi à répondre aux attentes du marché. Cette stratégie permettra d’accompagner la croissance du marché du VCR à risque minimal.

Trop souvent, les investissements à consentir pour produire le MCE‑5 VCRi sont surévalués. En effet, la plupart des pièces innovantes du MCE‑5 VCRi sont destinées à être « outsourcées » auprès de grands fournisseurs de l’automobile : ce sont eux qui assumeront la plupart des investissements liés à la production de ces pièces. Ce mode d’organisation n’a rien d’original : l’ « outsourcing » concerne déjà les pistons, les soupapes, les coussinets et de plus en plus souvent les bielles et le vilebrequin des moteurs classiques. Le MCE‑5 VCRi ajoutera à cette liste sa roue et ses crémaillères produites par de grands équipementiers, déjà partenaires du projet MCE‑5.

Le principal investissement pour produire le MCE‑5 VCRi est lié à son carter cylindres et à son assemblage. Si un constructeur est déjà équipé de centres d’usinage pour produire ses carters cylindres (lignes flexibles), il pourra produire celui du MCE‑5 VCRi à investissement limité. S’il décide de créer une nouvelle ligne « transfert » pour produire des carters cylindres MCE‑5 VCRi, l’investissement sera de plusieurs dizaines de millions d’euros, mais avec un prix de revient réduit par carter (gros volumes de production). On peut souligner que bon nombre de lignes « transfert » préexistantes sont modifiables pour produire un carter cylindres MCE‑5 VCRi en ne remettant en cause que 25 à 30 % de l’investissement initial.

Produire la culasse du MCE‑5 VCRi ne posera aucune difficulté : elle est assez conventionnelle et les culasses sont aujourd’hui systématiquement produites sur des centres d’usinage.

Le terme « casser les usines » est souvent utilisé quand on parle d’innovation, or, la plupart des moteurs nouveaux en appellent à la création de nouvelles usines. Il n’y a pas de différence significative entre « casser les usine » pour lancer une nouvelle famille de moteurs classiques et « casser les usines » pour lancer une nouvelle famille de moteurs MCE‑5 VCRi. Dans les deux cas, le montant des investissements est comparable.

Produire des MCE‑5 VCRi restera au final une question de volonté : ce qui motive la décision de produire ou non une technologie est parfois obscur. Certains constructeurs misent sur le véhicule électrique, or, les efforts à consentir pour produire un tel véhicule sont incomparablement plus lourds que ceux liés à la production d’un MCE‑5 VCRi. Le MCE‑5 VCRi s’adresse aux vieux métiers de l’industrie automobile et au marché de masse, tandis que l’électrique révolutionne les métiers automobiles et s’adresse à un marché de niche. Produire une technologie nouvelle est un choix en partie rationnel, et en partie politique.

En conclusion, le MCE‑5 VCRi répond bien à la nécessité de produire dès que possible des moteurs plus économes en carburant. Les investissements liés à sa production sont assez comparables à ceux nécessaires pour produire des moteurs classiques. Ses pièces innovantes seront essentiellement sous-traitées à de grands équipementiers automobiles. Sa montée en production pourra être progressive, d’abord à investissements réduits, puis en visant le meilleur taux de réemploi possible des moyens existants. Le rapport coût/bénéfice du MCE‑5 VCRi en fait un investissement à haute rentabilité potentielle.